jeudi 23 juillet 2009
mercredi 10 juin 2009
DAY 57 (10 juin) FISTERRA - SANTIAGO
Je trouve bien des similitudes entre les deux. Dans les deux cas, il y a en effet :
. à l'origine, un appel. J'ai été appelé au pèlerinage, j'ai été appelé à la vie. Il n'y a eu aucune programmation de ma part ; un dénuement initial. Au départ, on ne sait rien de ce qui va se passer. On apprend sur le terrain, en avançant, pas à pas, jour après jour. Une attraction vers un but qui ne se laisse pas appréhender facilement, qu'il est même souvent difficile de nommer. Il faut apprendre à faire la différence entre ce qui peut sembler être le but évident, réel, et ce qui n'est parfois qu'un leurre. Qui suis-je ? Où est-ce que je vais ?
. des difficultés sur les deux parcours, avec parfois des accidents. Ca fait mal, mais on continue. Des moments de bonheur et de paix profonde quand il y a rencontre entre celui que l'on est, en vérité, et ce qui est vécu.
. une progression vers quelqu'un : Celui qui m'a créé, Celui que je recherche. Pour moi, ce quelqu'un, je l'appelle Dieu.
Aujourd'hui, 10 juin 2009, je suis devant Lui dans la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. Je prie pour vous tous et je lui dis merci pour tout.
En signe de reconnaissance, je Lui laisserai le dernier mot de mon pèlerinage en disant, à chacun d'entre vous, personnellement,
DAY 56 (9 juin) SANTIAGO - FISTERRA
En route (by bus) vers la Fin de la Terre.Mais d'abord, messe d'action de grâces à la cathédrale à 7h30.
Il va m'en falloir du temps pour digérer ce qui s'est passé ces deux derniers mois ...
Trois heures de bus pour atteindre la ville de Fisterra (en galicien), Finisterre (en espagnol) et Finis Terrae (en latin).
Le bout du monde, comme on le croyait dans l'antiquité, que l'on ne pouvait atteindre qu'en osant passer les Colonnes d'Hercule (Gibraltar) et en prenant de gros risques à naviguer sur la Mare Tenebrosum ou Mer des Ténèbres (l'Atlantique).
J'ai eu la chance, dans ma vie, d'aller le plus loin possible vers l'ouest, la Californie ; vers l'est, le Japon ; le Nord, la presqu'île de Mourmansk en Russie ; le sud, le Cap de Bonne Espérance. Mais, la terre étant ronde, il n'y a pas de point ultime. Par contre, le Cabo Finisterre est vraiment un point mythique, et je suis heureux d'y être aujourd'hui.
Etant finistérien d'origine, il m'était impossible de ne pas y aller. Mon chauvinisme de breton me fait dire que si le Cabo Finisterre est beau (belle forme générale, belle roche, pentes raides vers la mer), il ne soutient pas la comparaison avec ma chère Pointe du Raz. J'atteins l'extrémité du cap après une toute petite marche de 3 km. Ca dérouille les jambes.
A ce stade, je suis surpris par la convergence de divers faits :
- mes batteries personnelles sont à plat. Je n'en peux plus.
- les batteries de ma balise Argos sont également à plat et clignotent au rouge. C'est pour cette raison que je ne la fais plus fonctionner que par intermittence.
- la batterie de mon téléphone est au mini, or je ne peux plus la recharger parce que le chargeur m'a lâché il y a deux jours.
- la carte mémoire de l'appareil photographique est pleine.
- au Cabo Finisterre, je butte contre la mer. Elle est devant moi, à droite, à gauche. Que faire ?
Plus rien d'autre que de rentrer à la maison, après un dernier passage à Santiago.
Le temps de prendre cette décision et de revenir à Fisterra, le temps s'est totalement dégradé. Alors qu'il a été clément toute la journée, en fin d'après-midi il tourne à la tempête avec des vents forts en rafales et des pluies abondantes. Un véritable arrosage de départ.
Personne dans les rues ; ça se comprend facilement : on se fait complètement rincer en 5 minutes.

DAY 55 (8 juin) PEDROUZO - SANTIAGO (21 km)
![[borneSantiago.jpg]](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjURrOFHvRnKXQs10xnvoUUVvKWHyHjOdqG_ox1C-82iKHSLPVyN-rroIhEz6-sUsyzyQOgpexVPYSInZia7pWF8K0sypw5spCDfB4ELsaXQvaiSo49zpcJjn_3kM-XixOlIfyFvaS0je4/s1600/borneSantiago.jpg)
Première chose à faire : aller à la cathédrale. C'est bien ce point qui est le but ultime de ma longue (dé)marche.
Pas d'exubérance mais une grande satisfaction, un bonheur profond. J'ai souri en moi-même quand j'ai appelé Loïc pour lui faire part de mon arrivée et qu'il m'a demandé "Mais quand tu es parti, tu pensais vraiment aller jusqu'au bout ?"
Réponse immédiate : "Oui, bien sûr ! Ne pas aller jusqu'au bout n'est pas dans ma nature, ça ne m'intéresse pas".
J'aurais aimé assister à une messe aujourd'hui, mais il n'y en a pas l'après-midi. Ce sera pour demain matin. Il suffira de se lever un peu plus tôt.
J'ai trouvé une pension pas chère, propre, sympa, en plein centre ville.
J'ai ma Compostela, au nom de Ludovicum Tanguy. Funny.
Je dois vous rapporter une certaine coïncidence, interpellante pour moi. Devinez quel est le premier texte proposé aujourd'hui pour la prière du matin. Tout simplement le psaume 41 " Comme un cerf altéré cherche l'eau, ainsi mon âme te cherche toi mon Dieu" avec comme introduction, quelle parole extraite de la Bible ? "Le Seigneur, ton Dieu, t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim ..." Ca ne vous dit rien ? Si réponse négative, voir mes motivations initiales ...
![[santiago.jpg]](https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEi731jfc2VqASyPh-Tgl95tOw8_rqemESFx0UU4g3KBS73dtXLotjuMj7tJGnig5FHrRt50p0-OF4mEHX-aUZCmTebipn-NQfn0ZWbIfbf65Xy6XU7eNTn0WheLRyN4Jm65_7oUupkpsYM/s1600/santiago.jpg)
lundi 8 juin 2009
Messages à destination de nos Pèlerins,
Nous découvrons ton blog seulement aujourd'hui. On voit très bien où tu es. Tu as donc vu le beau village de Cebreiro. On comprend que tu sois
fatigué...Te voila dans le vert et gris de la Galice. Bientôt les eucalyptus et... Monte de Gozo, Montjoie! Bon courage jusqu'au bout
Anne et Hubert
dimanche 7 juin 2009
DAY 54 (7 juin) MELIDE - PEDROUZO/ARCA DO FINO (36 km)

DAY 53 (6 juin) VENTAS DE NARON - MELIDE (28 km)

DAY 52 (5 juin) SARRIA - VENTAS DE NARON (34 km)

DAY 51 (4 juin) O CEBREIRO - SARRIA (42 km)
"Marcher, c'est aller au bout de soi-même tout en allant au bout du monde. C'est redécouvrir l'homme qui prenait ses jambes à son cou lorsque le ciel lui tombait dessus. C'est geler en même temps que les pierres du chemin. Griller au feu du soleil. Partir à l'aube en pleine forme pour revenir sur les genoux en pleine nuit. Marcher, c'est rencontrer des créatures qu'on ne verrait nulle part ailleurs. Marcher c'est aussi aller nulle part sans rencontrer personne. C'est se mettre en vacances de l'existence. C'est exister en dehors des vacances. Marcher, c'est réussir à dépasser son ombre. C'est pouvoir se doubler soi-même en s'envoyant un joli salut au passage. Marcher, est-ce que cela ne serait pas, en définitive, tourner avec ses pieds, pas à pas, page après page, le grand livre de la vie ?"
J'aime ce texte.
vendredi 5 juin 2009
DAY 50 (3 juin) VILLAFRANCA DEL BIERZO - O CEBREIRO (34 km)

Finalement, le monstre s'est laissé faire. Il est notoirement moins méchant que son copain de Roncevaux. Il s'agit en fait d'une montée longue, lente et continue avec beaucoup de bitûme sur le trajet. Ce qui fait le plus mal, c'est encore et toujours notre ami le soleil. N'ayant pas vu une bifurcation, j'ai fait fausse route, et cela se paye cash sur le Camino : plus 4 km gratis mais obligatoires, là où ça grimpe le plus, en haut ! On passe, à cet endroit, de la province de Leon à celle de Galice. Si les paysages sont, bien entendu, les mêmes des deux côtés de la "frontière" qu'est la montagne, on note de gros changements au niveau des villages. Celui de O Cebreiro est typique avec ses maisons en pierres, toits en ardoises quand ce n'est pas en chaume. Dans l'église, fini le baroque et ses excès de dorures, c'est le dépouillement ; ça fait du bien. Avec tout cela, je me suis cru transporté instantanément en Bretagne. J'ai perçu, à cette occasion, que j'ai des cousins celtes en Espagne. C'est une chose de le savoir, c'en est une autre que d'en faire l'expérience, concrètement.
Ca y est ! Elle a fini par arriver ! Qui donc ? Mais la fatigue, bien sûr. Pas celle que l'on ressent après une bonne journée d'exercice en plein air. Non, mais celle plus méchante qui s'insinue et attaque toujours aux moments les plus délicats. Je sens désormais que le réservoir d'énergie est presque vide. Les nuits ne suffisent plus pour la récupération. Il va falloir faire plus attention dans les jours qui viennent ; heureusement, il ne reste plus que 160 km environ pour arriver à Santiago. A ce sujet, j'ai établi une liaison radio avec la tour de contrôle de Santiago. J'ai obtenu l'autorisation d'atterrissage pour lundi 8 juin, en milieu de journée. If weather still permiting.
Adios.
DAY 49 (2 juin) EL ACEBO - VILLAFRANCA (42 km)
Un ajout à mon message d'hier. Je recommande à tout pèlerin de s'arrêter à l'albergue parroquial de El Acebo (juste à côté de l'église). Elle est tenue par Roger qui est vraiment un champion de l'accueil. Il passe son temps à rendre service, sur quel que sujet que ce soit. Merci Roger.
mardi 2 juin 2009
Messages à destination de nos Pèlerins
Depuis quatre jours je regarde la carte Léo -Saint Jacques de Compostelle.
J'espère qu'il ne t'es rien arrivé de spécial ?
Où y est-ce ton fils Loïc qui aurait fait un grand pont de Pentecôte ?
A bientôt.
Tu tiens le bon bout.
Tu as bien fait de ne pas prendre l'avion.
Amités de la part de ton vieux copain.
JJ Crepy
(Message du webmaster, oui oui j'ai fait le pont lol)
Il y a quelques jours j’ai enfin pris le temps de découvrir ce blog !
C’est une joie d’avoir le privilège de « faire route » avec toi lois par l’intermédiaire de cet écran !
Promis je t’ajoute quelques mots un peu plus tard mais déjà depuis quelques jours je t’associe à mes prière...
Bonne route !
Mathilde
DAY 48 (1er juin) ASTORGA - EL ACEBO (40 km)
Il est 20h40, il n'y a plus qu'une seule chose à faire : aller dormir. Buenas noches.
DAY 47 (31 mai) VILLAR DE MAZARIF -ASTORGA (31 km)
DAY 46 (30 mai) LEON - VILLAR DE MAZARIFE (25 km)

Une toute petite étape. Je veux économiser mes forces pour la traversée des Monts du Leon, dans 3 jours, et en particulier la montée à la Cruz de Ferro qui se trouve à 1531 m. Fin de la journée à 10h30. Le soleil cogne dur. Grosse sieste.
DAY 45 (29 mai) LEON - LEON (0 km)
Quelques réflexions sur le pèlerinage ... Extrait de "L'art de marcher", Rebecca Solnit - Editions Actes Sud"
... L'idée que le sacré n'est pas absolument immatériel et qu'il existe une géographie du pouvoir spirituel est l'hypothèse au départ du pèlerinage. Tout pèlerinage trace une invisible démarcation entre spiritualité et matérialité, attaché qu'il est à une histoire factuelle et au cadre dans laquelle elle s'est déroulée. S'il s'agit bien d'une quête de spiritualité, elle s'appuie sur des détails très concrets : on se rend sur les lieux de la mort de Bouddha ou de la naissance du Christ, ceux où sont conservées les reliques, où jaillit l'eau miraculeuse. Peut-être aussi l'entreprise vise-t-elle à réconcilier le spirituel et le matériel, car partir en pèlrinage revient à exprimer les désirs et les croyances de l'âme au moyen du corps et de ses mouvements. Le pèlerinage, en effet, unit la foi et l'action, la pensée au faire, et l'on comprend que cette harmonie se réalise quand le sacré est investi d'une présence physique et associé à un lieu déterminé ... Le voyage sans point de destination aurait quelque chose d'aussi inachevé que l'arrivée non précédée d'un voyage. Le pèlerinage est un déplacement physique effectué pas à pas, au prix de rudes efforts, vers ces buts spirituels intangibles si durs à atteindre autrement ... L'image du marcheur qui progresse au long de la route difficile le menant vers quelque lieu lointain compte parmi les représentations les plus convaincantes et les plus universelles de l'être humain : individu solitaire et minuscule en regard de l'immensité du monde, le marcheur ne peut compter que sur sa force et sur sa volonté. Le voyage du pèlerinage est soutenu par l'espoir radieux des bienfaits spirituels qui récompenseront l'arrivée à destination. Chemin faisant, le pèlerin accomplit sa propre histoire, et par là aussi il devient partie intégrante d'une réalité religieuse où l'histoire du voyage est celle d'une transformation ..."
No comment.
DAY 44 (28 mai) SAHAGUN - LEON (56 km)
Je le réapprends à mes dépends : le gite de Mansilla de Las Mulas est plein comme un oeuf quand j'y arrive. Une évidence : plus on vient de loin, plus on arrive tard. Pas de place à l'auberge pour moi. Tiens, ça me rappelle une certaine histoire de 25 décembre... Je n'ai pas d'autre solution que de pousser plus loin, encore une tranche supplémentaire de 6 km. Oui mais, quand au bout de quelques kilomètres, je vois un panneau routier indiquant "Leon 14 km", je me dis autant aller à Leon, je pourrai prendre une pension et dormir demain matin avant de visiter la ville.
Voilà comment j'ai marché pendant 11h30 pour couvrir au total 56 km. Je ne vous raconte pas le crash lors de la mise au lit.
vendredi 29 mai 2009
Leon leon, j ai les mêmes à la maison...
León se trouve sur le Camino frances et les pèlerins devaient honorer "le bienheureux Isidore, évêque, confesseur et docteur."C'était aussi une ville étape, ils trouvaient au monastère de San Marcos le gîte et le couvert.
Dans le Guide du Pèlerin d’Aymeri Picaud mentionne :- au CHAPITRE II, Les Étapes de Chemin de Saint-Jacques. [… … …] la huitième va de Sahagun à la ville de Leòn, [… … …]- au CHAPITRE III, Noms des Villes et Bourgs sur le Chemin de Saint-Jacques. [… … …], la ville de Leòn, résidence du roi et des cours, pleine de toutes sortes de félicités. [… … …]- au CHAPITRE VI, Fleuves bons et mauvais que l’on rencontre sur le chemin de Saint-Jacques.Quant aux fleuves dont les eaux sont douces et saines à boire, voici comment on les appelle communément : [… … …], le Torio qui coule à Leòn au-dessous du camp des Juifs, le Bernesgua qui passe auprès de la même ville, de l'autre côté, c'est-à-dire vers Astorga ; [… … …]- au CHAPITRE VIII, Corps saint qui reposent sur la route de Saint-Jacques et que les pèlerins doivent visiter. [… … …] De là, il faut aller voir à Leòn le corps vénérable du bienheureux Isidore, évêque, confesseur et docteur, qui institua pour les clercs ecclésiastiques une très pieuse règle, imprégna de sa doctrine tout le peuple espagnol et honora la sainte Église tout entière par ses ouvrages féconds. [… … …]
jeudi 28 mai 2009
Messages à destination de nos Pèlerins,
revivant au fur et à mesure les étapes et le cadre de ce chemin.
Et tu avances, tu avances , quelle énergie !! Je ne pense pas
que nous ayons la même quand pour le lundi de Pentecôte nous allons
reprendre le "camino " depuis Puente la Reina jusqu'à Leon.
Mais tu ne seras pas encore arrivé et c'est en pensée et dans la
prière que nous cheminerons au long des pas
qui se suivent encore et encore .
Bon courage et à bientôt
Michel Picolet
mercredi 27 mai 2009
DAY 43 (27 mai) CARRION DE LOS CONDES - SAHAGUN (41 km)
Merci à tous ceux qui ont eu la gentillesse de me faire parvenir un message.Vous comprendrez que je ne peux pas y répondre spécifiquement.
DAY 42 (26 mai) BOADILLA DEL CAMINO - CARRION DE LOS CONDES (26 km)
Gîte de la journée chez les "Bonnes" soeurs clarisses du monastère Santa Clara. Excellent accueil, bonnes installations. A recommander. Pendant une bonne partie de la matinée, je suis revenu sur la conversation de l'autre soir, entre pèlerins. Il apparaît que, si nous avons pu avoir un bon échange, cela n'est pas bien fréquent sur le Camino. Les échanges en profondeur y sont plutôt rares. ( Mais d'abord, c'est quoi "en profondeur" ?).
Pour ma part, j'observe que nous pouvons nous situer, grosso modo, à trois niveaux différents :
Niveau 1, le plus immédiat : on reste sur le plan "touristico, géographico, historico" de ce qui se passe ou que l'on voit. C'est déjà plus évolué que celui de la pluie et du beau temps, des bagnoles ou des matches de foot. C'est une base commune..
Niveau 2, plus profond : on échange des idées, des opinions, des ressentis. Il y a déjà là un mouvement personnel ; on se révèle un peu. C'est beaucoup plus vivant et plus riche.
Niveau 3, le plus intime, le plus personnel : la démarche spirituelle. Quand on a la chance de l'atteindre on s'apercoit que tout pèlerin est en recherche. Pour certains, ils connaissent déjà peu ou prou l'objet de leur recherche. D'autres n'ont pas la moindre idée pourquoi ils sont là. Toujours est-il qu'ils sont en train de crapahuter comme les copains. C'est impressionnant.
Ce troisième niveau est essentiel pour moi, sans n'égliger les deux autres. C'est lui qui sous-tend tout le reste. Je n'écris sur le blog que sur les deux premiers niveaux. M'exprimer sur le troisième serait toucher au sacré de la vie personnelle. Je dirai seulement que quelque chose d'essentiel s'est produit dès le troisième jour, sur le chemin, non loin du Puy-en-Velay. Je l'ai fait savoir, le soir même, à François puis à la famille lorsqu'elle m'a rejoint trois semaines plus tard.
Quarante jours plus tard, j'en vis encore, et j'espère que cela ne s'arrêtera jamais ...
Messages à destination de nos Pèlerins
Merci pour votre message.
Adeline
Bonjour Louis,
Je t’envoie quelques encouragements pour poursuivre ton pèlerinage vers Saint-Jacques…Ca doit vraiment être une belle expérience ! J’espère que tu viendras nous raconter ton aventure cet été. Je vois aussi avec plaisir que tu veux poursuivre ton périple jusqu’au Cap Finisterre, comme je te comprends ; c’est un endroit qui m’attire déjà depuis un moment !
Bonne route et grosses bises de la famille Foulon,
Sandrine
lundi 25 mai 2009
DAY 41 (25 mai) HONTANAS - BOADILLA DEL CAMINO (30 km)
Cette journé de marche est la copie strictement conforme de celle d'hier. Arrivée au gîte à midi. Les journées deviennent trop longues.Je m'inquiète de voir dans les ruisseaux des amas de grêlons de 2 à 3 cm de diamêtre (gros orage). Il ne faudrait pas qu'un autre éclate au-dessus de nous alors que nous marchons : nous n'aurions absolument rien pour nous mettre à l'abri.
DAY 40 (24 mai) BURGOS - HONTANAS (30 km)
Ca y est. Cette fois-ci, je suis dans la fameuse Meseta : des champs de blé à perte de vue ; pas la moindre habitation. "Etendues plates, démoralisantes et monotones" comme le dit le guide. C'est un peu comme si en France on enchaînait la Beauce, puis la Brie, pour terminer avec la Picardie, en supprimant les fermes et en ne conservant que des villages tous les dix ou vingt kilomètres.Les 30 km sont franchis dans la matinée. Arrivée au gîte à 13 h. Hontanas : un trou intégral au milieu de nulle part. Encore une bonne sieste. Un dîner passionnant : contrairement à ce que j'ai pu écrire récemment, des contacts se sont établis sur le chemin ce qui nous fait constituer un groupe de 5 pèlerins français qui nous retrouvons chaque soir. Pendant tout le repas, nous échangeons sur la question suivante : "Quelles ont été, initialement, mes motivations pour aller à Santiago ? Quelles sont-elles aujourd'hui ?". Nous procédons comme à Fondacio : on écoute, on n'interrompt pas. Puis ensuite on rentre dans questions / réponses. Un régal. Comme quoi, tout peut arriver.
Messages à destination de nos Pèlerins
Je viens de lire ta journée à Burgos, que nous avions Françoise et moi bcq aimé.q de souvenirs donc .
Je comprends que tu ais apprécié le confort d'une bonne chambre et d'un bon lit.
Je continue à te suivre chaque jour.
J'espère que la chaleur ne t'éprouvera pas trop.
Nous t'encourageons de loin et de près par la pensée.
Amitiés de notre part à tous les deux
Françoise et Jean-Jacques (qui n'est pas de Compostelle)
Nous nous apprêtons à entamer lundi notre périple annuel(300km) Cahors Orthez , hélas nous serons loin de toi cela aurait été chouette de se croiser sur le chemin bon courage à bientôt Steph et MP
PS : je n’arrive plus à écrire sur le blog !!
dimanche 24 mai 2009
DAY 39 (23 mai) BURGOS - BURGOS ( 0 km)

Quel bonheur ! Pas de bazar autour du lit, pas de ronfleur(s), pas de réveil en fanfare. J'ai trouvé une pension en plein centre ville. Je suis seul dans ma chambre, le lit est bon. Je fais une première tentative de réveil à 9 heures, elle échoue. Je n'y arriverai qu'à celle de 10 heures. Ca fait du bien. Visite de la ville, tout particulièrement la cathédrale qui est d'une beauté époustouflante.
De nouveau une bonne sieste, de deux heures, carrément dans les draps. Récupération est le maître mot. J'ai oublié de dire, lors d'un message précédent, que le cap des 1000 km avait été passé, quelque part du côté de Santo Domingo de la Calzada. "Plus que" dans les 500 bornes, mais elles seront plus difficiles. Chaleur, monotonie des chemins à perte de vue, une montagne à passer, la fatigue qui s'accumule ... Demain, je reprends le sac à dos.
DAY 38 (22 mai) BELORADO - BURGOS (> 50 km)
initial de la journée était : atteindre San Juan de Ortega à 24 km, étape
facile d'après les guides. Par manque de chance, avec un départ à 6h45,
l'objectif est atteint à 11h15. Que faire ? Passer l'après-midi à ne rien faire
? Je casse la croûte et me repose, le tout pendant une petite heure. Soudain je
décide d'aller plus loin. Le gîte suivant n'est qu'à 3,6 km. Une broutille. Je
continue pour 6,4 km supplémentaires. C'est rapidement enveloppé. Je me fixe d'arrêter avec la montée de la chaleur, vers 14 heures. Manque de pot, je me sens très bien : je vais plus loin. Je passe ainsi plusieurs villages qui ont des possibilités d'accueil. Je n'arrive pa à m'arrêter. Je passe une grimpette à 1100 m (col de 1ère catégorie que je déclasse en 2de ou 3ème pour dénivellation insuffisante). Ca passe. Et là, remanque de pot. Je me souviens que je voulais faire à Burgos ma première halte de repos d'une journée. Mais comment faire, car Philippe, un nouveau collègue de route, est pris par le temps et ne souhaite pas s'arrêter ? Il bosse encore. N'en déplaise : la solution apparaît. Pendant que lui fera les deux étapes en deux jours, je vais les faire en un seul. Il semble, d'après les guides, que j'ai ainsi fait entre 50 et 54 km ... Je ne dirai pas que je n'étais pas fatigué. Non, mais il y avait encore de la rserve à l'arrivée, à 18h15.
Aujourd'hui, je me dégage du Camino et de ses albergues. Demain, samedi, ce sera
relâche totale et tourisme. Premier objectif : dormir au-delà de 5h30. Puis
visiter, glander, me reposer.
Deuxième excès de la journée : j'arrête d'écrire mon texte à 22h30. Impensable
ces jours-ci.
Il va falloir faire attention dans les jours qui viennent car on nous annonce
des étapes difficiles.
Buenas noches. Après miam-miam, yé vé au dodo.
DAY 37 (21 mai) SANTO DOMINGO DE LA CALZADA - BELORADO (24 km)
consistante de 1,5 heure (dans le sac de couchage !), étant arrivé à l'étape à
11h15 et n'ayant rien d'autre à faire que manger, dormir et récupérer.
DAY 36 (20 mai) NAJERA - SANTO DOMINGO DE LA CALZADA (21 km)

Santo Domingo de la Calzada a toujours été un haut lieu du pèlerinage de Santiago depuis qu'un ermite nommé Domingo y a consacré toute sa vie à l'accueil et aux soins des pèlerins. Il a dû avoir un sacré boulot, le brave et saint homme ! Lorsqu' il y a quelques jours, j'émettais quelques réserves personnelles au sujet de la légende liée à l'arrivée par la mer du corps de Saint Jacques et que, par contre, je faisais référence à ce qui avait pu se bâtir, malgré tout, de saint autour du pèlerinage, je ne connaissais pas l'histoire de Santo Domingo. Et des Domingo, il y en a eu beaucoup depuis 900 ans.
Pour ce qui est de Saint Jacques lui-même, c'est quelqu'un que j'honore parce qu'il a été un ami proche de Jésus. Il a été de tous les événements importants, comme par exemple celui de la Transfiguration. J'ai pensé à lui à plusieurs reprises jeudi dernier, fête de l'Ascension, car voici le texte de l'évangile du jour :
"Jésus ressuscité dit aux onze apôtres : Allez dans le monde entier. Proclammez la Bonne Nouvelle à toute la création /.../ Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s'en allèrent proclammer partout la Bonne Nouvelle. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient".
Saint Jacques fut un de ceux-là. Pierre partit vers Rome, Thomas vers l'Inde, Paul (qui les rejoignit un peu plus tard) alla en Asie Mineure (la Turquie actuelle) et la Grèce. Saint Jacques vint, semble-t-il, en Espagne et retourna à Jérusalem où il fut décapité. Il est donc un de ces témoins à qui nous devons beaucoup. Il y a eu depuis une chaîne continue jusqu'à nous : des hommes et des femmes nous transmettent la Bonne Nouvelle ;celle-ci leur provient des apòtres qui eux-mêmes l'ont recue de Jésus qui est venu nous dire, c'est la Révélation, qui est Dieu, son père. Merci Jacques (et les autres).
samedi 23 mai 2009
Santo Domingo de la calzada

Santo Domingo était un jeune berger éduqué au monastère de Valvanera. A la mort du pape Gregorio, Domingo se retira mener une vie d'ermite et aida les pèlerins en route vers Compostelle. Grâce à son travail déterminé pour maintenir et améliorer le vieux-chemin qui reliait Najera et Redcilla del Camino pour faciliter le passage des Jacquets, il reçut le nom "de la calzada", signifiant "du chemin". En 1044 il construit un pont sur le fleuve Oja et édifia une chapelle dédiée à Ste Marie, un hôpital et une auberge pour pèlerins. A la mort de l'ermite en 1109, le bourg était en train de croître et la réputation du village comme étape fut consolidée par la réalisation de nombreux miracles : au XVs, un pèlerin allemand fut soigné d'une infection purulente aux yeux en visitant la tombe de l'ermite...
La visite de la cathédrale vaut vraiment le coup d'oeil. Commencée en 1158 afin d'abriter les reliques de St Domingo de la Calzada, mort en 1109. Ensemble romano-gothique, dépourvu de vitraux mais dôté d'un très beau choeur de 1525, d'un retable majeur grandiose polychrome du XVIs mesurant 9m sur 13m; d'un beau et complet cloître du XVIs dédié à l'exposition d'éléments architecturaux de la cathédrale et sans oublier à côté du mausolée de Santo Domingo, la cage surélevée où chantent un coq et une poule blancs, emblèmes de Santo Domingo de la Calzada.
La legende de santo domingo

vendredi 22 mai 2009
Messages à destination de nos Pèlerins
Voici une semaine que je suis rentré, et je n'ai pas encore fini de récupérer (mal aux talons, crampes la nuit). Mon corps n'en fini pas de réagir, mais c'est ainsi à chaque fois. Et j'ai encore besoin de temps pour intégrer intérieurement ce qui s'est passé durant ce mois sur la route avec toi. J'ai quitté le chemin, mais mon pèlerinage se poursuit encore! Ta balise a l'air de ne plus fonctionner, mais je constate que tu approches sérieusement de Burgos. C'est une belle ville, animée, et j'ai aimé y passer une journée de repos lors de mon passage : c'était le dimanche 15 mai 2005, pour la fête de Pentecôte. Me voici tout remué à ce souvenir, comme je suis remué de te savoir avançant encore vers Compostelle. Comme j'aimerais être encore avec toi, vivant le compagnonnage si particulier de cette marche-pèlerinage! Mais ne regrettons rien, c'est bien ici que je dois être pour fêter successivement la première communion d'Emilie, les 90 ans de mon père et la première communion de Timothé. Vive la famille! Allez, vieux frère, marche et prie aussi pour moi.
Bien affectueusement.
François
jeudi 21 mai 2009
DAY 35 (19 mai) LOGRONO - NAJERA (31 km)

Rien de particulier sur le chemin. Par contre, un beau monastère à Najera : le Monesterio de Santa Maria la Real. Un cloître splendide, mais malheureusement la plupart des statues ont été dégradées (têtes et mains coupées au 19ème siècle quand le monastère a été utilisé comme prison, dépôt pour travaux publics, école, courses de taureaux, ...). On y trouve les tombes de personnages importants du royaume d'Espagne au Moyen-Age.
J'ai découvert à Najera la beauté du vol des cigognes. Ce sont d'excellents et beaux planeurs.
lundi 18 mai 2009
DAY 34 (18 mai) LOS ARCOS - LOGRONO (28 km)
Jusqu'à présent j'aimais voir apparaître, au-delà de la dernière colline (qui en fait se trouve toujours après celle que l'on espère être la dernière) l'endroit où l'on va s'arrêter pour passer la nuit.
Aujourd'hui, c'est l'inverse. J'arrive, sur le chemin, à un col de troisième catégorie, le Virgen del Poyo (558 m), et j'aperçois la ville de Logrono là-bas, dans le lointain, à 17 ou 18 km. Mais que ça peut être long d'y aller ! Ca n'en finit pas ! Le piège, c'est qu'elle paraît à portée de la main. C'est compter sans la chaleur du jour qui monte. Dur dur. En même temps, c'est bon de voir que la mécanique tient le coup. MERCI TOUBIB POUR LA PREPARATION.
Depuis trois bonnes semaines, j'ai une réflexion qui me trotte dans la tête, bien que celle-ci soit vide à cause de la marche intensive qui provoque un appel de sang important dans les pieds, fortement sollicités, au détriment du cerveau qui subit, en contre-coup, un sérieux reflux ou plutôt de-flux de sang. Mon neurone, déjà bien isolé dans ma boîte cranienne en temps normal, s'y trouve carrément en perdition. On ne peut pas tout avoir en même temps : la théorie et la pratique...
Je vais malgré tout essayer de l'exprimer. Elle est relative au pèlerinage de Compostelle. C'est quoi ce truc ? Est-elle sérieuse l'histoire de ce gars, décapité du côté de Jérusalem, qui se trouve à atterrir quelque part en Galice avec son sarcophage ? Je crois que pour certains, c'est simplement une histoire à dormir debout. Du pipeau.
Soyons clairs : je n'attache personnellement aucune importance à cette histoire proprement dite. C 'est, pour moi, une simple légende. Par contre, ce qui m'importe, c'est la tradition qui s'est greffée sur elle. Vieille de plus de 1000 ans, elle est pleine du sens que lui ont donné tous ces pèlerins du Moyen-Age, ces gens qui avaient une foi à déplacer des montagnes et qui ont construit à la main les cathédrales. C'est ce sens qui m'interpelle, et qui me fait marcher (attention, pas de confusion sur le sens de marcher). La vérité du fait initial est secondaire. Mon cartésianisme de français du 21ème siècle n'est en rien choqué. Je trouve beaucoup de sens à mettre mes pas dans les pas de ces gens. Et là, la vérité dépasse la légende.
Il y a toutefois un danger dans cette approche. Celui de m'entendre répondre : OK, Saint-Jacques-de-Compostelle, c'est une légende. C'est donc la même chose pour ce qu'on essaye de nous faire passer avec Jésus. Là encore, c'est pas sérieux, on nous raconte une histoire.
Eh bien non. Il y a une très grande différence entre les deux "histoires": dans le premier cas, il n' y a pas eu de témoin de l'événement, le débarquement de l'apôtre à la tête coupée. Par contre, dans le second cas, il y en a eu : les apôtres et les disciples. Crédibles ces témoins ? Je réponds oui, parce que beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie leur témoignage, et cela parfois dans des conditions horribles, comme celui à qui on a arraché la peau, à vif, ou les crucifiés. On voulait qu'ils se taisent, qu'ils ne parlent pas de ce qu'ils avaient vécu avec Jésus, de ce qu'ils lui avaient entendu dire. Ils l'avaient vu vivant, puis mort, puis ressuscité. C'était plus fort qu'eux, il fallait qu'ils le disent, quitte à y laisser leur vie. Pas crédibles des gens comme cela ? C'est grâce à leur témoignage, puis celui d'un certain nombre d'autres personnes qui ont poursuivi cette transmission, qu'aujourd'hui je me trouve quelque part en Espagne, un certain 18 mai 2001. Tout ça une histoire de fous, de débiles ? Pas pour moi.
Mort de Saint-Jean Baptiste
Le barbu du Camino :)
DAY 33 (17 mai) LORCA - LOS ARCOS (33 km)
DAY 32 (16 mai) UTERGA - LORCA (24 km)

DAY 31 (15 mai) TRINIDAD DE ARRE - UTERGA (22 km)

Après la journée marathon d'hier, l'idée de base est de faire relâche aujourd'hui afin de laisser la mécanique récupérer un peu. De plus, je suis à la porte de Pampelune où j'avais envisagé, il y a quelque temps, de faire ma premiere halte de repos depuis le départ, il y a un mois. Je m'accorde le droit de dormir plus tard que d'habitude ... mais je me réveille à 5 h ! puis me rendors jusqu'à 7h30. Quelle grasse matinée !
C'est la forme. Je suis prêt pour une bonne visite de la ville. Nous ne sommes qu'à 3 ou 4 km du centre historique de Pampelune. Je me retrouve peu avant 10 h dans l'église San Saturnino dont la décoration intérieure me plait. Ca me donne envie d'y rester pour prier. Surprise : la messe commence quelques minutes plus tard. J'y reste. C'est bon.
Visite de la vielle ville jusqu'à midi. Que faire ensuite ? Continuer à flaner ou avancer sur la route ? Le Camimo m'appelle et je décide d'aller jusqu'à Uterga, faisant ainsi une étape relaxe de 22 km, avec toutefois le passage d'un col (de seconde catégorie comme on dirait dans le Tour de France), celui de Alto del Pardon à 750 m. On y voit ce que certains appellent une sculpture qui représente, grandeur nature, une caravane de pèlerins. En réalite, il s'agit de tôle épaisse de 12 mm découpée au chalumeau. Une bonne journée.
La forme est là : pas de fatigue résiduelle de la veille. Le sac à dos me pèse moins.
samedi 16 mai 2009
DAY 30 (14 mai) RONCESVALLES - PAMPLONA (TRINIDAD DE ARRE) (38 km)
Pas de petit déjeuner avant de reprendre le Camino, il faudra se débrouiller en cours de route. C'est l'habitude en Espagne.
J'ai la pêche : je quitte Roncesvalles à 6 h. Un panneau indique : Santiago, 790 km. Une broutille ! ? ... Je vais passer aujourd'hui au point milieu de mon parcours (vers 780 km). Mon intention est de marcher jusqu'à midi et de faire le point après 6 heures de marche. Ma seconde intention est d'éviter un nouveau dortoir de 80 places proposé à distance raisonnable (25 km). Pourrai-je atteindre le gîte tenu par des frères Maristes dans la banlieue de Pamplona, 12 km plus loin ? Acceptable ? Faisable ? Finalement, la forme étant là, j' y vais car le temps est de nouveau médiocre ; il n' y a vraiment rien d'autre à faire que de marcher, méditer, réfléchir et prier. Heureux d'arriver sans fatigue excessive.
Je rencontre trois français avec qui je dîne. On raconte des blagues ; ça change du repas d'hier au cours duquel je n'ai pas dit un seul mot. Je commence à croire que le désir partagé avec François d'avoir des contacts intéressants est en train de s'estomper à la vitesse grand V pour la partie espagnole du Camino.
vendredi 15 mai 2009
DAY 29 (13 mai) SAINT-JEAN-PIED-DE-PORT - RONCEVAUX (RONCESVALLES) (27 km)
En fait de bataille rangée, comme le prétend la légende, ce fut seulement une embuscade tendue à l'arrière-garde de l'armée de Charlemagne par des gens du coin, c'est-à-dire des basques (déjà independantistes).
Il n'empèche, voir les Pyrénées et les passer à pied, j'ai aimé, beaucoup aimé. Compte tenu du mauvais temps de ces dernières semaines, je craignais d'être privé de ce beau spectacle. Eh bien non, il y a eu un gros orage pendant la nuit précédente mais, quand j'ai pris la route pour l'attaque finale, le temps était couvert mais satisfaisant. On voyait bien les sommets environnants (pas très hauts) et les vallées qui se sont remplies progressivement de nuages.
Le problème, en montagne, c'est que lorsqu'on prend de l'altitude on a vite fait de se retrouver les pieds sur terre et la tête dans les nuages. Ce fut le cas, mais ça ne m'a pas contrarié ; simplement une autre facon de découvrir la montagne. Pendant plusieurs heures, je n'ai pas pu voir à plus de 40 ou 50 m. Il a donc fallu être très attentif et prudent pour ne pas me perdre.
Puis ce fut l'arrivée au-dessus des nuages, juste à temps pour voir le fameux col, qui d'ailleurs ne s'appelle pas Roncevaux mais Lepoeder. Parti de Saint-Jean-Pied-de-Port, à 163 m d'altitude, j'étais à 1430 m. Une belle grimpette de près de 1300 m !
Ensuite ce fut une promenade de santé pour atteindre, de l'autre côté, l'abbaye Saint-Augustin de Roncesvalles. C'est l'une des étapes les plus importantes et les plus renommées du Camimo. Parti à 7 h, j'y suis arrivé à 14 h.
Là, je tenais à passer la nuit dans "l'Albergue de la collegiata". Je voulais faire l'expérience de cette usine à dormir. Je n'ai pas été déçu ! Quel bazar ! Pour y être accepté, il faut présenter sa créanciale ; priorité est donnée aux pèlerins à pied. Un seul grand dortoir de 120 à 140 places dans l'ancien hôpital. Quand tout le monde est là, avec les sacs à dos dans tous les coins et dans les allées, c'est indescriptible. Il faudra voir les photos.
Côté douches : 2 pour les hommes, je suppose idem pour les femmes. C'est vraiment peu. Même chose pour les WC : urgences interdites.
Mais tout ça c'est bon enfant. Tout se passe bien. Les plus nombreux sont de très loin les germanophones. L'anglais est bien sûr parlé, le français l'est peu. Je crois deviner que ce type de vie en collectivité ne correspond pas très bien à nos goûts nationaux ...
J'ai été surpris par la nombreuse asssitance à la messe de 20 h, bien programmée entre le dîner, à 19 h, et le coucher. Extinction des feux impérative à 21 h. Nous étions en effet une bonne centaine de pèlerins, soit plus de 50% des personnes hébergées dans le dortoir et les deux hôtels du coin.
Discours de bienvenue en espagnol. Rien compris. Messe en espagnol, heureusement
qu'il y a de bons points de repère. Puis bénédiction et envoi des pèlerins, tous regroupés au pied de l'autel, ceci en 6 ou 7 langues.
Bonne nuit à tout le monde. Le hasard fait que je suis dans le groupe de lits occupés par des coréens. J'ai donc droit à leurs exercices de gymnastique traditionnelle. Je n'en vois que le début car je suis out très rapidement. Out mais heureux de cette expérience.
jeudi 14 mai 2009
Pampelune
Le pèlerinage de Saint-Jacques
Pampelune est située sur le Camino navarro du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle, entre Villava et Cizur Menor. C'est la seconde étape d'après le Guide du Pèlerin d'Aimery Picaud. Le pèlerin jouissait à Pampelune d'une protection spéciale grâce au privilège de l’Union. Dans les rues de Dormitalería au nº 13 et Compañía au nº 3 il existait des hospices pour les pèlerins. Au xvie siècle on a construit un hôpital général, aujourd'hui le musée de Navarre.
Le miracle de l'âne
C'est le sixième miracle du De miraculi sancti Jacobi. En 1100, un pèlerin français de Poitiers arrive à Pampelune avec sa famille. Ils font halte dans cette ville pour se reposer et reprendre des forces.
Ils se sont logés dans un « hostal ». La femme du pèlerin tombe malade et ils doivent rester plus longtemps que ce qui était prévu, jusqu'à ce que finalement elle meure. L’hôtelier, voyant que son hôte risquait de partir, lui réclame une grosse somme d'argent en alléguant que le séjour avait été long. N'ayant pas suffisamment d’argent pour payer, le pèlerin lui laisse son cheval et se remet en route avec ses deux fils en bas âge. Chemin faisant il s’arrête pour prier saint Jacques et lui demander de l’aide.
À la sortie de Pampelune, une personne vénérable l'aborde et lui prête un âne pour l’aider dans son voyage. Quand ils arrivèrent enfin à Santiago, le pèlerin eut une vision de l'Apôtre en qui il reconnut la personne vénérable de Pampelune. De retour à Pampelune, il prit des nouvelles de l'aubergiste et apprit qu’il avait trouvé la mort dans un accident. Les gens de l’hostal déclarèrent qu'il avait subi une punition divine à cause de son manque de charité envers les pèlerins.






















